Le fleuve Gwenred

Le fleuve Gwenred
Si l'on en croit les innombrables histoires qui courent par tout le pays, il suffirait de s'aventurer auprès du fleuve Gwenred pour aussitôt plonger dans des songes gais et agréables.
Mais peut-être ne sont-ce que de simples contes de bonne femme.
Du moins, c'est ce que pensait Brian, qui n'aimait pas les légendes et autres histoires fantasmagoriques.
Et cela, il aimait à le répéter sans cesse. Il croyait en la rationalité de chaque chose, chaque être.
Il n'était cependant pas dépourvu de bon sens, il fallait qu'il justifie ses idées.
C'est donc par un matin doux et calme qu'il se décida de se rendre près du fleuve.
Sans doute pensait-il que cela allait lui être d'une simplicité extrême, car il partit peu vêtu et n'emportant avec lui rien d'autre qu'une simple lyre.
C'est en traversant les sentiers sombres et inégaux qu'il se rendit compte de la difficulté à laquelle il n'était pas préparé.
Des corbeaux croassaient au loin, rendant l'atmosphère un peu plus étouffée.
Cela faisait maintenant quelques temps qu'il marchait, marchait, marchait...
Espérant à chaque tournant apercevoir quelque point d'eau.
Parfois, il se cognait à des petites pierres, le faisant souvent trébucher, ce qui n'arrangeait en rien son humeur. Puis, devant ses yeux, il vit un mince fleuve entourant un grand espace clair et surplombé d'immenses arbres.
Brian s'approcha de l'eau, s'accrochant nerveusement à une branche, de peur de tomber.
Celle-ci était terriblement sombre, presque croupie.
Elle était tellement sale qu'on ne pouvait en déterminer la profondeur.
Cette eau donnait froid dans le dos, on s'attendait presque à voir surgir du fond d'immondes créatures gluantes et démoniaques.
Paradoxalement, elle avait l'air si tranquille.
Et puis, le lieu semblait propice à la paix, malgré ses couleurs peu joyeuses.
Il dégageait une chaleur enivrante, envoûtant littéralement Brian, qui se sentait fléchir.
Il s'allongea un moment près d'un frêle hêtre, persuadé qu'il ne s'endormirait pas.
Mais ses yeux se fermèrent doucement, son corps se détendit et l'esprit désormais loin dans des rêves flous, il paraissait heureux ; le bras derrière la nuque, en guise d'oreiller.
Le sage fleuve Gwenred était secoués de nombreux remous à sa surface, ce qui produisait un joli son. De ces remous sortit un être fantasque.
C'était une femme, ou plutôt une jeune fille, si ce genre de personnage possède cette dénomination.
Elle s'approcha du bord, gracieuse et discrète, attrapant de ses mains fragiles le tronc de deux jeunes arbres. Elle était nue, le corps magnifique et pâle. Ses longs cheveux mouillés caressaient sa peau et une branche fine et lisse entourait le haut de son visage. L'ensemble était si harmonieux et beau, mais pourtant si simple.
Elle avait un nez pointu et gracile, des yeux sombres, pareils à sa chevelure.
Immobile, elle observait le dormeur.
Au loin, une parole étrange se fit entendre, d'une langue inconnue et sans doute ancienne.
Cela semblait être un signal. La jeune fille rampa au sol, à une vitesse incroyable.
Elle entraîna Brian dans le fleuve, dans les abysses infernaux du Gwenred.
Qui sait ce qu'il adviendra de ce jeune homme, qui se rendit, imprudent dans ce coin reculé.
Nombreux sont ceux avant lui qui ont eu la même malchance.
Dans la froide forêt, dans le calme trompeur de cet endroit insipide, il serait vain d'essayer de s'y aventurer. Par curiosité ou par intérêt, tout homme ou femme se rendant là peut s'attendre à être entraîné par les si Viles et Perfides Naïades...

# Online seit Dienstag, 15. Dezember, 2009 um 05:38

Geändert am Dienstag, 15. Dezember, 2009 um 10:10

Pas d'idées de titre.

Pas d'idées de titre.
C'était une époque de ma vie quelque peu ambiguë.
Une période où je cherchais une manière de m'affirmer, à me faire remarquer, moi qui étais si discrète.
Je commençais à m'habiller tout en noir, ce n'était pas forcément recherché, mais je trouvais ça classe, je voulais me teindre les cheveux en noirs et avoir sur moi des croix et des chaînes. Je trouvais que ça faisait "gothique". Je commençais aussi à écouter du métal, car quand on veut se donner un style, autant le faire jusqu'au bout. Je maquillais mes yeux et affichait souvent une expression peu joyeuse.
D'une certaine manière, je cherchais la provocation, je voulais attirer les regards.
Ce que j'ai réussi à faire, même plus que je ne le pensais.
Ce à quoi je n'ai pas su faire face, c'est la Solitude.
J'en avais terriblement peur, mais je ne savais pas comment la combattre.
Certaines choses ne seraient pas arrivées sans doute si j'avais été moins introvertie.

Et puis, j'ai connu les frasques sentimentaux, ou les histoires sans intérêt de l'adolescence.
Je ne parlais pas, mais je prenais confiance en moi.
Je laissais les hommes venir à moi, et je les écoutais sans joie.
Je prenais un lâche plaisir à les voir souffrir et puis me supplier de revenir à eux.
D'autres au contraire ne voulaient plus de moi.
Sans cesse je restais indifférente et muette. Un "mur".
Je me sentais invincible.

J'ai fini par trouver un exutoire à toutes ces relations inutiles et pompeuses d'énergie.
Je ne supportais plus de devoir passer mon temps avec d'innombrables connards pas foutus de me faire aimer.
Je ne voulais plus faire l'hypocrite, sourire, et puis être sage et gentille.
Je voulais leur cracher à la figure, leur insuffler toute cette peine qui m'habitait, pourtant ce n'était pas eux qui me faisaient du mal.
Alors, je souffrais moi-même, à me réveiller chaque nuit et à me bousiller le corps comme la pauvre mijaurée que j'étais.
Je menais un combat contre mon corps que je trouvais immonde, juste une façade pour ne pas penser à autre chose.
Des moyens de me détruire physiquement, j'en avais trouvé.

Et comme je me sentais de plus en plus seule, m'ennuyant terriblement, ne trouvant rien à faire de mes piteuses journées toutes pareilles les unes aux autres, je sortais.
J'allais voir des hommes, pour jouer, passer le temps.
Ces objets de désirs sans cesse inassouvis me plaisaient énormément.
J'aimais les voir, les toucher, éprouver des plaisirs éphémères et puis recommencer chaque jour.
Je me sentais vivante, et puis, je servais enfin à quelque chose.
Ils me servaient à quelque chose ; c'était plutôt bien dans un sens.
Il n'y avait ni amour ni affection, rien qui puisse blesser l'esprit.
Ce que je cherchais à tout prix à éviter.
Aucun souvenir ou presque ne me restait mais pour moi, c'était une force.

Je ne souffrais pas, certes, mais je me sentais de plus en plus délaissée et inutile...






# Online seit Samstag, 31. Oktober, 2009 um 14:47

Geändert am Dienstag, 15. Dezember, 2009 um 10:37

Questions irrésolues.

Questions irrésolues.
Pourquoi faut-il sans cesse paraître heureuse de vivre ?

Faire semblant d'aller bien, de S'AIMER ?

Pour simplement cacher toutes ces souffrances...

Cette douleur ancrée en soi.

Je me dis que c'est inévitable de faire cela, pour aller mieux, mais je sais que je me détruis à petit feu...

Je préfère me dire que c'est comme ça, que j'y suis obligée si je veux vraiment atteindre mon but.

Mais quel est mon but en vérité ?

Atteindre un idéal de perfection ?

Celle qui me pourrit la vie, celle qui me fait pleurer toutes les nuits ?

Un espoir qui est vain, dans lequel il ne résulte rien de bon...

# Online seit Dienstag, 06. Oktober, 2009 um 04:07

Geändert am Freitag, 20. November, 2009 um 03:08

Désirs charnels.

Désirs charnels.
L'atmosphère générale de la salle est paisible et joyeuse. Accoudés au comptoir, deux hommes à la physionomie peu agréable tentent vainement d'attirer de vierges jeunes filles. Les esprits s'échauffent, rendus plus joviaux par l'alcool. Dans un endroit aussi grand et rempli de tant de monde, il s'y trouve forcément quelques personnes euphoriques et peu habitués à toute cette boisson.
Dans un coin plutôt reculé de la pièce, sont attablés trois protagonistes. L'un d'entre eux paraît fort peu intéressé par la soirée. Son regard divague et il sourit rêveusement. Son attitude est totalement différente de celle de ses amis.
Avec ses grands yeux clairs et ses longs cheveux blonds, la jolie femme aux côtés du garçon absent possède un charme incroyable. Les yeux baissés naïvement, elle caresse doucement son verre empli de vin. Ses doigts effectuent un mouvement de va-et-vient régulier. La bouche entrouverte, elle dégage une haleine chaude.
Depuis quelques minutes, elle croise et décroise sans arrêt ses belles jambes, qui sont très découvertes. Posée sur elles, son autre main caresse langoureusement sa peau, s'approche quelquefois de sa petite culotte. Cette belle dame semble plongée dans d'insipides fantasmes voluptueux. Elle paraît tellement indifférente, comme si, seule au milieu de la salle, elle s'abandonnait à ses plus profonds désirs.
En face d'elle se tient un assez bel homme, d'une quarantaine d'année, les cheveux grisonnants. Son regard est d'une lubricité affligeante, sans cesse posé sur les corps féminins alentour ; guettant la moindre parcelle de chair apparaissant. C'est donc tout à fait normal qu'il ait remarqué les gestes de sa sensuelle compagne.
Toutefois, la discrétion l'oblige à dissimuler le trouble dans lequel il se trouve. En effet, cette charmante demoiselle aguicheuse provoque en lui un émoi indicible.
Celle-ci ne se préoccupe que d'elle-même, excitée par ses propres sens. Peu à peu, la verge du monsieur durcit et forme une bosse à peine visible sur son pantalon. Son érection est telle qu'elle en devient douloureuse. Il aimerait tant pouvoir caresser ce corps si brûlant, pénétrer violemment dans son sexe humide et offert.
La jeune femme devient soudain plus agitée, elle se balance sur sa chaise tout en se touchant furtivement la poitrine. Un sourire étirant admirablement ses jolies lèvres vermeilles, elle est désormais en-dehors de toute réalité. C'est avec une grande légèreté qu'elle se lève et se dirige dans un lieu moins vaste.
Arrivée au pied d'un escalier, elle défaille, toute tremblante. Mais elle est subitement plaquée contre le mur, les bras emprisonnés, elle ne peut faire aucun mouvement.
Devant elle se trouve l'homme quadragénaire. Il souffle doucement sur sa nuque.
Rougissante, exaltée, elle se met à respirer très rapidement. Les mains masculines caressent fermement tout son corps, s'attardant sur les seins.
Elle voudrait que ses doigts entrent sauvagement en elle, que sa langue puisse la faire jouir. Mais cet homme évite sans cesse cela ; glissant sur les cuisses, montant peu à peu vers l'entrejambe, avant de redescendre.
Une douce espérance, qui n'est point satisfaite.
La plupart des ses vêtements enlevés, le monsieur semble prêt à s'enfouir dans sa partenaire.
Impatiente et nonchalante, elle attend.
Seulement, cet homme sadique a atteint l'orgasme solitaire. Elle tombe agenouillée sur le sol, gémissante et inassouvie.
Elle commence à se caresser longuement, ses doigts fins la pénétrant voluptueusement...




[ Kommentar hinzufügen ] [ Kein Kommentar ]

# Online seit Montag, 05. Oktober, 2009 um 12:15

Geändert am Dienstag, 15. Dezember, 2009 um 10:40

Fuir...

Je voudrais déserter ce piteux endroit,
M'échapper de ce lieu sordide et encombrant.

Cette atmosphère si oppressante m'incombe énormément.

J'ai tout autant peur de la solitude,
Cela m'est si effrayant que pour l'oublier,
Charnellement je me perds...

D'infimes moments insignifiants,
Avant de replonger dans l'isolement.

Je veux vous fuir, mais je ne veux pas être abandonnée...


Fuir...

# Online seit Samstag, 05. September, 2009 um 10:49

Geändert am Dienstag, 15. Dezember, 2009 um 10:46